Le wow factor ou l’Executive Presence

Publié par Bernard Guévorts le

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Créez un effet wow !

Dans des articles américains sur le leadership et le management, il est fréquent de rencontrer le concept d’Executive Presence (EP).

Ce vocable est un peu mystérieux et vague. J’avoue que je ne l’avais pas encore rencontré dans des articles en français sauf canadiens, pour l’écriture de cet article. Il n’y a pas vraiment d’équivalent usité en français. Les canadiens parlent de présence exécutive.

C’est il y a quelques mois déjà que j’ai lu un article sur ce concept et je me suis dit que cela valait la peine d’en parler. Je me suis donc documenté. 

Brandon Smietana décrit l’Executive Presence comme un Buzz word, inventé en 2006.

Cela fait le bonheur des consultants et des coachs qui peuvent ainsi travailler à développer cette précieuse présence auprès des dirigeants.

L’EP est bien sûr en rapport avec le pouvoir et l’influence et elle est donc bien essentielle dans le monde du business mais aussi dans bien d’autres secteurs…

L’Executive Presence est donc un vocable assez vague. Il est régulièrement utilisé dans des feedbacks un peu flous… En particulier vers des femmes, semble-t-il, qui postulent pour des postes de responsabilités et auxquelles on dit : You are lacking Executive Presence…

Que veut donc dire Executive Presence ?

« La Présence Exécutive c'est ce magnétisme naturel, cette combinaison enivrante d'assurance, de sang-froid, et d'authenticité qui convainc tout le monde que nous sommes en présence de quelqu'un qui va aller loin dans la vie. » Hewlett. Cliquez pour tweeter

Le magazine Fortune le définit comme : « La capacité du leader à engager, aligner, inspirer et inciter les gens à agir ».

En quelques mots, c’est la capacité à inspirer confiance, à être crédible et à montrer son leadership.

Il y a donc de la présence, de l’influence, du charisme tout cela bien mélangé…

Une personne qui possède cette Executive Presence est tout de suite reconnaissable. Elle crée généralement un effet WOW.

Elle inspire le respect et la confiance, aussi bien chez les collaborateurs, chez ses pairs et le management que chez les clients.

C’est une attitude qui montre de l’autorité, de la détermination et aussi de la dignité et de l’humilité.

L’Executive présence est donc aussi considérée comme le WOW factor.

Cette présence particulière envoie des signaux qui vont impacter positivement, voire impressionner, les personnes environnantes. Il peut même y avoir une certaine crainte.

Cette présence est fortement liée à l’Authenticité.

Elle est un mélange de compétences et de tempérament. Cela veut dire que l’on peut développer la présence exécutive !

C’est la bonne nouvelle, si vous pensez que vous n’en avez pas assez !

En résumé, l’Executive Presence, c’est faire une bonne impression, ou mieux encore, une excellente impression. Un effet WOW !

Il est donc évident qu’un manager-leader doit développer sa présence exécutive.

Les ingrédients de l’Executive Presence

Voici comment l’économiste et experte en milieu de travail Sylvia Ann Hewlett la décrit dans son livre Executive Presence: The Missing Link Between Merit and Success :

« La Présence Exécutive c’est ce magnétisme naturel, cette combinaison enivrante d’assurance, de sang-froid, et d’authenticité qui convainc tout le monde que nous sommes en présence de quelqu’un qui va aller loin dans la vie. [..] La Présence Exécutive n’est pas simplement un marqueur de performance. C’est plutôt une question d’image : vous montrez aux autres que vous avez “tout pour réussir”, que vous êtes un leader né. »

Pour Sylvia Hewlett, les leaders qui ne possèdent pas cette présence ne vont pas évoluer dans leur carrière ! De là le titre de son livre.

Elle décrit l’Executive Presence comme un mix de trois catégories d’éléments schématisées ci-dessous. Elle base cela sur une étude menée chez 268 cadres supérieurs qui ont été interrogés.

Les composantes de la Présence exécutive

Les composantes de la Présence exécutive d’après Hewlett.

La Gravitas (le sérieux)

C’est le premier point mentionné par 67 % des cadres interrogés.

Cela fait référence au sérieux, à la capacité de donner confiance, d’être crédible et authentique. Cela même sous le feu des critiques.

Il est important dans la culture managériale américaine de montrer de l’assertivité, de la puissance, de l’efficacité et d’être dynamique.

Le sérieux va donc s’observer dans les comportements.

Je rapproche cela de l’Ethos de Aristote. C’est l’image que l’orateur va montrer de lui-même dans son discours. Son sérieux, son éthique, être digne de confiance et respecté.

Le mot grec Ethos signifie caractère, manière d’être, habitudes d’une personne.

L’éthique doit se voir dans notre approche et dans nos comportements (l’Ethos).

Le non verbal est très révélateur et il va jouer dans l’impression qui sera créée.

Il s’agit d’être vrai, authentique comme nous l’avons vu plus haut !

La communication

La communication est le canal qui permet d’exprimer le sérieux et l’autorité.

Elle est placée par 28 % des dirigeants interrogés en tête de liste.

Elle doit être fluide, simple, directe et efficace. Elle doit aussi être empathique, c’est-à-dire dans une écoute pour comprendre.

Cela doit se voir dans le non verbal et dans les interventions orales.

L’utilisation du non verbal est très importante dans l’EP !

  • C’est la posture qui va montrer l’autorité et l’assurance.
  • Le regard s’intéresse à tous avec une véritable connexion.
  • La voix et ses variations démontre l’autorité et la maîtrise et touche émotionnellement.

La PDG de PepsiCo, Indra Nooyi, a dit que :

« ce qu’un PDG projette détermine l’humeur de l’organisation ». 

Il y a donc une véritable Intelligence somatique du leader à développer.

Cela passe par la prise de conscience de soi, une des compétences de l’intelligence émotionnelle. (voir : Comment avoir conscience de soi ? )

Les compétences de l'intelligence émotionnelle

Le volet communication nous ramène au Pathos et au logos d’Aristote.

Le pathos est la capacité à faire ressentir des émotions positives, à toucher, à intéresser à travers le style de communication.

Le pathos s’adresse au côté cœur de l’interlocuteur.

Le logos, lui, va s’adresser à la tête, à la raison. Il s’agit des arguments et des mots utilisés.

Le sens est donné par le leader dans sa vision et il devra la partager avec Pathos, pour qu’elle fasse rêver et donne la motivation nécessaire.

« La vision est la source de notre motivation à contribuer à un monde auquel on a envie d’appartenir. » Robert Dilts

S’inspirant de la rhétorique aristotélicienne, Roland Barthes liait l’ethos à l’émetteur, le pathos au récepteur et le logos au message (Wikipédia).

Ce qui veut dire que l’émetteur, le leader doit avoir suffisamment de capacité d’écoute et d’empathie pour pouvoir toucher le récepteur au niveau émotionnel. Et cela en utilisant un message solide et convaincant.

Comme on le voit, cela ne s’improvise pas. Il y a beaucoup de travail derrière pour développer les deux polarités du leadership dont nous avons déjà parlé.

L’apparence (le style)

C’est le troisième aspect qui est relevé dans l’étude de Hewlett, mais seulement dans 5 % des cas.

Ce n’est pas le plus important mais c’est un filtre qui contribue à la première impression. Et justement, dans certains cas, au rejet par inadaptation au contexte.

C’est le look, la manière dont vous êtes habillé(e), coiffé(e), le maquillage. Il s’agit d’être en accord avec le contexte et la culture de l’entreprise en question.

Il est important d’avoir travaillé sur sa marque personnelle pour avoir un style en adéquation avec sa personnalité et aussi au contexte. (voir articles sur le Personal Branding)

L’originalité ne doit pas être en opposition avec les codes (locaux) de l’EP.

« La mode se démode, le style jamais. » Coco Chanel

Il est fort probable qu’une personne qui est très forte dans les deux premiers aspects (gravitas et communication) et qui donc manie l’ethos, le pathos et le logos avec efficacité, aura moins de soucis par rapport à son look.

Dans le cas contraire, le look devient un élément qui va prendre le dessus et créer une impression moins favorable, voir négative.

Certaines personne ne sont pas prises au sérieux car leur présence et leur look n’est pas au niveau souhaité.

On peut trouver cela injuste, mais c’est une réalité du fonctionnement humain avec lequel il faut travailler.

On peut rester soi-même tout en s’adaptant au contexte.

Le marketing du leader

C’est là tout l’intérêt du personnal branding (ou marketing de soi). Chacun doit être capable de défendre son image et de se vendre. Personne ne le fera à votre place.

Ça ne s’improvise pas. Je vous invite à lire ces articles pour en savoir plus sur ce domaine.

Pourquoi est-ce important pour un leader ?

Je pense que nous avons compris que diriger des hommes demande de les toucher à différents niveaux. Il faut bien sûr des idées mais, pour les faire passer, il faut être capable d’éveiller des sentiments et des émotions et de donner l’envie d’être suivi.

Il faut également donner confiance et avoir une crédibilité aux yeux des auditeurs, sinon cela sera juste un feu de paille d’enthousiasme mais qui va vite s’éteindre sans suite car il manque de consistance. Il manque de présence exécutive, il manque de leadership !

Développer sa présence exécutive

La présence exécutive doit se voir et doit se ressentir !

Quand vous serrez la main d’une personne qui la possède, vous le sentez, vous êtes impressionné… l’approcher fait monter en vous quelques tressaillements.

Je ne pourrais mieux dire que cette définition de Yvon Chouinard :

« Le leadership est rarement une démonstration de l’esprit. Il s’incarne surtout physiquement. Incarner le leadership, c’est le personnifier, le symboliser et le représenter dans sa chair, de manière à ce que les autres le voient, le sentent et le vivent. » Yvon Chouinard.

Pour développer ces différentes compétences, il y a lieu de pratiquer les divers axes du leadership et en particulier tout ce qui a trait à la communication. Et comme nous l’avons vu, il y a également un travail sur le sérieux, la gravitas qui s’incarne dans le non verbal.

  • Montrez-vous de l’assurance ?
  • Etes-vous affirmé ET empathique ?
  • Etes-vous crédible ?

Ce sont des points plus complexes qui sont liés aussi au caractère et à la personnalité.

Nous en revenons à une bonne connaissance de soi et de ses différentes parties : l’esprit (pensées), l’âme (sentiments-émotions) et le corps (comportements).

Et nous retrouvons donc le logos, le pathos et l’ethos…

Vision de l'homme et Rhétorique d'Aristote

La vision Grecque de l’homme et la rhétorique d’Aristote

Le travail de développement doit donc se faire aux différents niveaux tout en sachant que tous sont reliés et que développer des comportements demande d’avoir des pensées en accord et la motivation pour le faire.

La première étape sera de faire un bon bilan de vos points forts et points à développer pour chaque niveau.

Les feedbacks que vous recevez sont une première approche. A vous de demander des feedbacks et de les rendre le plus efficace possible.

Il existe aussi des tests de personnalité, des test de compétences qui peuvent vous orienter dans les points à développer.

La prise de conscience

Progressivement, vous devez amener votre attention sur vous-même.

Pour décoder une situation, faire une évaluation, etc. C’est de la métacognition. Une réflexion sur vous-même, une observation de vous-même.

La première compétence de l’intelligence émotionnelle est en rapport avec cette conscience de nous-mêmes, qui permet d’avoir une conscience des autres et de l’empathie.

La conscience de soi dans l’intelligence émotionnelle

Cette étape demande de l’humilité, de la confiance en soi et de la bienveillance pour soi-même (et les autres).

« C’est l’aptitude à ressentir ce que pensent les autres sans qu’ils aient besoin de le dire qui définit l’essence de l’empathie. » Daniel Goleman Cliquez pour tweeter

La responsabilité

Faire un bilan implique d’aller en profondeur. Cela peut être un bilan comme ceux que vous faites déjà en fin d’année (voir article) mais dans lequel il faudra creuser sur les éléments qui vous empêchent d’atteindre vos objectifs.

Et surtout de ne pas tomber dans la victimisation. Le leader n’est jamais une victime.

Si vous avez cette tendance dans certains cas, il faut y travailler !

Le leader va toujours trouver des pistes d’actions qui dépendent de lui.

C’est la responsabilité et cela donne la liberté !

La communication verbale et non verbale

« Le charisme est lié à une relation spéciale, presque magique, qui s’installe entre l’orateur et le public… Il est affaire de passion, d’enthousiasme. Il implique tout l’être. Il est dans la manière de dire les choses… » Bernard Guévorts

C’est le canal essentiel pour exprimer son leadership.

C’est votre non verbal authentique qui montrera qui vous êtes avant même d’ouvrir la bouche !

Le stress est votre ennemi car il vous passera une camisole de force et vous ne montrerez pas la confiance, mais la peur et le stress.

Il est donc capital de commencer par travailler ce genre de choses aussi « bêtes » que de prendre une posture de confiance, d’oser sortir de sa zone de confort, de donner une bonne impression…

Cela doit se pratiquer et il faut s’entraîner chaque jour, surtout si ce n’est pas naturel pour vous.

C’est ce que nous proposons dans nos exercices de leadership.

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Vous trouverez plus d’information dans cet article et vous pouvez vous y inscrire via ce lien.

Pratiquez, pratiquez, pratiquez…

Il n’y a pas de mystère. La réussite de tous les champions passe par des milliers d’heures d’entraînement. Quel que soit le domaine, du sport ou de la scène.

Michael Jordan et Kobe Bryant s’entrainaient des heures par jour seul ! en plus des entrainements collectifs.

« Je n’ai rien en commun avec les gens paresseux qui blâment les autres pour leur manque de succès. Les grands accomplissements résultent du travail et de la persévérance. » Kobe Bryant Cliquez pour tweeter

Le pianiste Ignace Paderewski, virtuose du 19ème siècle, disait que lorsqu’il ne pratiquait pas le piano un jour, il s’en rendait compte. Quand il ne pratiquait pas le piano deux jours, c’étaient les critiques qui s’en rendaient compte et quand il ne pratiquait pas pendant trois jours, c’était le public qui s’en rendait compte.

Les personnes les plus charismatiques ne sont pas nées comme cela. Elles avaient peut être des possibilités et des facilités mais elles les ont développées et ont beaucoup travaillé pour arriver à l’excellence.

Il n’y a pas d’excellence sans travail, il n’y a pas d’excellence sans passion et sans amour…

Donc, aimez devenir un leader d’exception au service des autres et donnez-vous en les moyens !

Nous sommes là pour vous y aider à notre mesure.

Merci pour vos commentaires ci-dessous.

Bibliographie

Pour aller plus loin :

Quelques sources externes :


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Bernard Guévorts

Apporteur de confiance et éveilleur de leadership. Formateur international en relations interpersonnelles, leadership, développement personnel, prise de parole, formation de formateurs et relation clients. Je suis belge et je vis actuellement au Cameroun la plupart du temps.

3 commentaires

Aline · 11 février 2020 à 10 h 05 min

Whoua, c’est passionnant Bernard ! En te lisant, on reconnait bien les caractéristiques des personnes qui nous impressionnent et qui sont de bons leaders, mais comme c’est difficile de développer cela nous-même lorsque ce n’est pas naturel… Je vais relire cet article en détail et m’en inspirer 😉

    Bernard Guévorts · 11 février 2020 à 10 h 19 min

    Merci Aline !
    Justement cela peut aussi être développé.
    Chacun doit trouver son style qui doit rester authentique mais aussi en étant capable de s’affirmer.
    On reste soi, mais un soi qui s’est développé.
    Ce n’est pas si compliqué : il faut de la confiance et passer à l’action et apprendre de ses nouvelles expériences.
    j’ai déjà vu de nombreuses personnes qui se sont ouvertes après avoir osé et trouvé la confiance.
    Bonne lecture !

pierrefavrebocquet · 11 février 2020 à 14 h 44 min

Très belle citation de Kobe Bryant !
Je trouve toujours bluffant le nombre de fois ou l’Ethos le Pathos et le Logos sont redéfini/redécouvert/confirmé par les personnes qui en use au quotidien. C’est à la fois ancien et d’actualité, c’est donc une belle découverte qui avait été faites par Aristote!

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