Développez votre responsabilité pour plus de liberté

Publié par Bernard Guévorts le

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Le mot responsabilité fait souvent peur à beaucoup de personnes. Et pourtant c’est dans la responsabilité que se trouve la liberté et la motivation. C’est ce que nous disent Mark Samuel et Sophie Chiche dans leur livre « Petit éloge de la responsabilité » édition Retz 2006.

Couverture du livre éloge de la responsabilitéLeur objectif est de nous montrer que nous pouvons prendre notre vie en main et réaliser ce qui est important pour nous. Leur définition est simple :

La responsabilité, c’est la capacité à réaliser ce que nous avons décidé de faire. Cliquez pour tweeter

Cet article participe à l’événement inter blogueurs « Ce livre qui a changé ma vie » du blog mon-chemin-heureux.com de Julie Victor » dont je vous recommande la lecture de l’article « La série des excuses, épisode 1: Le développement personnel, très peu pour moi ! ».

Ce livre propose vraiment de revoir la responsabilité sur un angle nouveau. Non plus une responsabilité culpabilisante mais au contraire libératrice. Les auteurs nous montrent que devenir responsable de ses choix et de ses pensées permet de s’alléger véritablement, de regagner son pouvoir personnel et de faciliter le passage à l’action.

Victime ou responsable ?

Ce livre m’a surtout attiré par le schéma très clair qui nous montre ce qui se passe dans notre tête face à une difficulté. Nous avons le choix de basculer dans la boucle de la victimisation ou de décider de prendre la boucle de la responsabilité.

Le point central de ces deux boucles est l’intention, le moment où nous décidons.

Modèle IMPAQ en anglais

Le modèle dans sa version anglophone

J’aime beaucoup cette représentation car je pense qu’elle a le pouvoir de nous faciliter la démarche. Ce n’est finalement pas si difficile de décider de reconnaître notre part de responsabilité dans une situation…

Au moment où nous sommes dans l’intention, nous devons choisir la bonne option !

Cela fait gagner énormément de temps et d’énergie comme les auteurs nous le montrent avec des exemples personnels ou de personnes coachées.

Cela a fait écho en moi et je partagerai aussi certains exemples personnels simples pour vous aider à comprendre cela.

Ce n’est pas le premier modèle que je vois sur la responsabilité. J’ai déjà utilisé en formation un modèle d’accountability (comme disent les américains), avec une vision assez similaire de choix entre la victimisation ou la responsabilité. Cela est très efficace et facilite le dialogue avec soi-même.

Réaliser son rêve, sa vision

Les auteurs mettent en relation la responsabilité et le succès pour réaliser ce que nous voulons faire de nos vies. Ils prennent en exemples diverses personnes célèbres, comme Coluche, Gandhi, Martin Luther King, et d’autres. Ils soulignent que c’est leur choix face aux événements qui a mené à leur réussite, même si tous ont dû faire face à des épreuves difficiles.

Prendre la responsabilité de sa réussite est une clé énorme !

« Un leader doit être responsable de ses propres erreurs. Le pire que vous puissiez faire c’est d’accuser quelqu'un d’autre. » Fred Sievert Cliquez pour tweeter

Les obstacles à la responsabilité

C’est ce qui occupe notre esprit au moment de la décision qui va permettre de prendre ses responsabilités ou de devenir une victime. Ils ont identifié trois peurs qui sont des freins au bon choix.

La peur des reproches

Nous avons peur d’être blâmés si les choses ne tournent pas comme nous le pensons ou si nous voulons assumer notre part de responsabilité. Personne ne peut nous dire que l’on s’est trompé si nous n’assumons pas de responsabilité… facile…

La peur de l’échec

La plupart d’entre nous n’aimons pas échouer et sembler ridicule. Cela commence dès l’école où le regard des autres conditionne déjà notre peur de prendre des responsabilités. Que vont-ils dire de moi ? et si je ne réussis pas ?

Ne pas prendre de risques nous protège donc. Et pourtant, nous savons tous inconsciemment que l’on ne peut pas apprendre sans faire d’erreurs. Ceux qui osent en font beaucoup, mais ils avancent.

La peur de la réussite

Il est plus facile de rêver du succès que de le vivre, nous disent les auteurs. Le succès oblige de rester au niveau, de vivre avec les jalousies et les envies, voire les reproches de ceux qui n’ont pas eu « notre chance ». Cela mène à la culpabilité chez certains.

Le livre donne des recettes pour dépasser ces peurs.

Les apports de la responsabilité

Pour les auteurs, la responsabilité est la voie qui mène à la réussite et elle génère quatre bienfaits :

La confiance

Il est évident que quand nous devons faire appel à quelqu’un pour nous aider, nous faisons appel à ceux en qui nous avons confiance. Et il en est de même pour faire un achat ou vis-à-vis d’un manager. Nous suivons les leaders qui inspirent confiance. C’est un des éléments majeurs du leadership : inspirer la confiance.

L’accomplissement

Quand nous choisissons nos actions, que nous en prenons la responsabilité, cela apporte un sentiment d’accomplissement et de réussite. Cela donne une vie épanouie.

Serait-ce cela la clé du bonheur ? Il est vrai que les sages comme les stoïciens nous le disaient déjà il y a quelques siècles. Nous sommes maîtres de nos choix.

La reconnaissance

Agir, prendre des risques, tenir ses engagements donne irrémédiablement une image de fiabilité et de professionnalisme. Cela mène directement à la reconnaissance de nos pairs, de nos responsables, de nos proches.

La liberté

Sans nous en rendre compte, nous sommes les esclaves de nos habitudes et de nos croyances et ce sont celles-là qui souvent nous entraînent vers la boucle de la victimisation. Prendre ses responsabilités, oser se questionner par rapport à une situation et à notre implication, mène directement à la liberté de choisir. Cette nouvelle habitude de choisir vous donne un sentiment de puissance et de liberté intérieure incroyable. Être une victime est parfois rassurant, on s’occupe de vous mais cela mène aux dépendances diverses. Soyez vous-mêmes !

Modèle IMPAQ en Français

Le modèle IMPAQ présenté dans le livre

Après cette introduction, les auteurs vont nous partager leur modèle, en commençant par la boucle de la victimisation, dans laquelle nous tombons très souvent, pour ensuite développer les attitudes nécessaires en détail pour développer la responsabilité.

« Dans une avalanche, aucun flocon ne se sent responsable. » Stanislaw Jerzy Lec Cliquez pour tweeter

Sortir de la boucle de la victimisation

Le concept de victime est assez paradoxal. Généralement, beaucoup de personnes se positionnent en victime quand elles sont dans une situation qu’elles n’ont pas directement choisies. Il est vrai que si nous sommes pris dans une grève, dans un embouteillage, ou que nous nous faisons voler… Cela nous frustre et nous avons le sentiment d’être impuissants.

Et c’est là que nous devons réfléchir à ce que cela nous coûte en énergie… Nous pouvons rester dans cet état pendant des heures, voire des jours, ou nous décidons de rapidement passer à autre chose et d’agir.

Même si nous n’avons pas choisi une situation, nous pouvons choisir la manière d’y réagir.

Tomber dans la victimisation nous fait perdre notre pouvoir… Nous ne sommes plus dans la capacité de réagir. On se plaint, on blâme, on perd beaucoup d’énergie. Ce n’est pas faire preuve d’intelligence émotionnelle pour revenir sur un sujet que nous traitons régulièrement.

Les auteurs citent un compagnon de Nelson Mandela, Tokyo Sexwalé qui dit :

« Pendant toutes ces années de détention, je ne me suis jamais senti victime. Je savais que je perdrais tout mon pouvoir et le peu de liberté qu’il me restait si je m’abandonnais à cette notion de victime. » Tokyo Sexwalé Cliquez pour tweeter

Dans ma vie personnelle, il y a une chose qui me pompe parfois beaucoup d’énergie et qui me fait tomber dans ce statut de victime. C’est être coincé dans un embouteillage ou être confronté à des actes de non-respect du code de la route. Cela que je sois en voiture ou à pied. Cela me met parfois en colère ou me frustre.

J’ai beaucoup travaillé sur cette attitude pour la comprendre et trouver les éléments pour me permettre d’éviter de tomber dans ces attitudes automatiques.

C’est là que j’ai dialogué avec moi-même pour chercher le besoin qui est derrière les émotions, et voir comment je peux le maîtriser et y répondre par moi-même. Cela pour éviter cet état stupide et totalement inutile. Je vous renvoie à l’article sur le lien entre les émotions et les besoins pour y voir plus clair.

Nous avons tous des situations qui nous mettent dans des états qui deviennent incontrôlables. Je vous invite à y réfléchir pour travailler dessus.

Si nous considérons que nous n’avons pas le choix, nous tombons dans la boucle de victimisation.

Le cycle de la victimisation

La boucle de la victimisation

Les phases de la boucle de la victimisation

Généralement, la position de victime peut venir très subrepticement, sans qu’on en prenne conscience à travers nos mécanismes automatiques de réactions.

Par exemple, votre conjoint vous fait une remarque sur quelque chose qui n’a pas été fait, et vous vous fâchez. Pourtant c’est vrai… vous n’avez pas fait ce que vous aviez dis. Pourquoi alors nions nous cela, ou trouvons-nous des justificatifs ? Il suffit d’avoir le courage de dire, c’est vrai.

Cette boucle de la victimisation nous amène d’abord à ignorer les choses. On fait semblant de ne pas être concerné. Ne pas voir le problème, c’est justifier de ne pas agir.

Vous observez quelque chose qui ne vous semble pas très correct, mais vous laissez faire, vous faites semblant de rien. 

Vous vous dites, ce n’est pas mon problème, je ne suis pas concerné, … Vous niez le problème, c’est le déni. C’est une phase classique dans la gestion du changement. Vous commencez par refuser l’idée que vous avez un lien avec le problème ou la situation.

Ensuite, nous passons à l’attaque, nous accusons :

  • C’est leur faute !
  • C’est lui qui a commencé.
  • C’est le client qui…

Il est plus facile de trouver un coupable et de se donner bonne conscience.

Et ensuite, nous allons nous justifier, prouver que nous avons raison…Et cela prend beaucoup d’énergie parfois.

Cela nous met souvent en colère et nous résistons.

  • Je n’ai pas d’ordre à recevoir.
  • C’est ton problème.
  • C’est une question de principe…

La dernière phase de la boucle, à laquelle nous avons parfois recours est la dérobade.

  • Je suis trop occupé
  • J’ai autre chose à faire
  • Ce n’est pas dans mes priorités…
  • C’est trop confus.

Les auteurs attirent notre attention sur le fait que rester dans ce cycle de victimisation demande beaucoup plus d’effort et coûte plus d’énergie que de faire l’effort d’être responsable.

Nous pouvons généralement résoudre le problème dès le départ si nous prenons la bonne attitude de la responsabilité.

Le cycle de victimisation nous plonge dans des émotions désagréables, à la fois pour nous et aussi pour nos interlocuteurs.

Nous allons voir ce que les auteurs nous proposent pour en sortir.

Prendre sa vie en main

Le reste du livre est consacré au cycle de la responsabilité. Un chapitre par phase.

Tout commence par une vision de nous-mêmes quand nos rêves sont réalisés !

Cette vision du succès doit nous guider et doit être entretenue car nous sommes souvent confrontés à certains pièges comme le perfectionnisme par exemple, qui freine notre créativité et nous paralyse. Être responsable, ce n’est pas être parfait ! Il faut agir et prendre des risques.

Trois étapes pour devenir responsable

Pour passer de victime à responsable, les auteurs proposent trois étapes-clés.

1. Clarifiez votre intention et fixez des objectifs

L’intention est ce qui va inspirer votre plan et vos actions. Il est important de clarifier ce qui est important pour nous dans nos objectifs. Il faut être clair et honnête avec soi-même.

Par exemple, si vous vivez un problème de couple, vous voulez trouver une solution. Mais quelles sont vos intentions ? Que voulez-vous voir changer ? Voulez-vous divorcer ? Voulez-vous vivre une relation plus épanouissante avec votre partenaire ?

Cela va vous orienter dans vos réflexions.

2. Décrivez en termes spécifiques comment vous voyez votre réussite.

Avoir une vision claire de ce que vous voulez dans le futur va vous permettre de faire des choix adéquats dans les diverses situations qui vont se présenter.

Votre vision doit être sensorielle. Que ressentez-vous ?

N’oublions pas que notre cerveau décide souvent à notre place. Il est donc important de lui donner toutes les informations nécessaires et ne pas le laisser décider sur base d’habitudes, ou de croyances limitantes.

3. Passez à l’action

Souvent, nous ne savons pas par où commencer. Il est donc important de réfléchir aux premiers pas. De tout petits pas au début. Quelle va être la première action ?

Si dans chaque difficulté nous sommes capables de penser à la première action à faire pour sortir de cette situation et changer notre regard, ce serait formidable, non ?

Les auteurs proposent de nombreux exercices de réflexions. A cette étape, ils proposent de définir une action à faire pour diverses situations dans lesquelles nous sommes embourbés. L’important est de franchir cette première étape.

Les phases de la responsabilisation.

La boucle de la responsabilisation

Les phases de la boucle de la responsabilité

Nous avons vu au début que pour entrer dans le cycle de la responsabilisation il faut que l’intention que nous avons, le choix que nous devons faire soit clair. C’est le travail fait sur notre vision, sur ce que nous voulons faire et réaliser ce qui va nous aider à décider et avoir une attitude responsable.

Regarder la situation en face

La première phase est de reconnaître la situation. Il faut le faire de manière objective. Il s’agit d’analyser la situation et d’éviter de tomber dans les accusations, les justifications et autres pièges de la victimisation.

Il faut développer de la compassion, pour soi et pour les autres. Comprendre les autres et essayer de se relier permet souvent de trouver des solutions qui vont au-delà de notre ego (qui souvent nous fait tomber en victime).

Cette exploration doit se faire avec ouverture et sincérité. Des idées autres que celles auxquelles nous adhérons peuvent être efficaces. Cette réflexion peut amener des prises de conscience et cela demande du courage. Il ne faut pas faire semblant et ignorer ou nier certaines choses. 

Si nous reprenons le problème de couple ci-dessus, nous pouvons nous demander honnêtement ce que nous avons déjà tenté. Quelles sont les choses que nous avons faites pour nous amener là ? Comment avons-nous communiqué ? Que pensent d’autres personnes proches de cette situation ? Que peuvent-ils suggérer ?

L’ouverture d’esprit et l’honnêteté vis-à-vis de vous-mêmes sont importantes.

Les auteurs parlent de divers obstacles classiques qui peuvent empêcher notre réussite. Parfois, nous ne pouvons pas modifier ces difficultés et la seule chose que nous pouvons modifier est la manière dont nous allons y répondre.

Il est important dans certaines situations de demander de l’aide et d’explorer son réseau. Il peut s’agir d’amis, de coachs, d’experts, de médecins, de psychologues, etc. Les conseils permettent de voir les choses sous un autre angle et peuvent aider à trouver les premières actions à mener.

Prendre les commandes

Une fois la situation éclaircie et analysée, nous pouvons nous l’approprier. Pour agir sur quelque chose, il faut admettre et accepter ce qui nous revient. Nous en prenons ainsi les commandes.

Par exemple dans le cadre professionnel et le travail en équipe, pour éviter le piège du flocon qui ne se sent pas responsable de l’avalanche, chacun assume le résultat global.

« Nous devons tous nous considérer comme propriétaire et responsables du projet. Quel que soit le rôle que nous y jouons, quelle que soit la position que nous occupons, ce qui est à faire doit être fait. »

Il est important de laisser chacun assumer ce qui lui revient car « en empêchant quelqu’un d’assumer les conséquences de ses propres erreurs, on lui interdit du même coup d’apprendre et d’évoluer, et on le condamne à répéter la même erreur. »

Connaître son rôle dans une situation.

L’auteur

Directement impliqué dans la situation et aussi dans la solution. C’est la personne qui doit agir pour changer la situation (comportement, attitude, …).

Le contremaître

Indirectement impliqué dans la situation et directement dans la solution. Par exemple, un manager dont le collaborateur à fait une erreur. Il est directement impliqué dans la solution car les erreurs affectent ses résultats. Il est indirectement impliqué car il n’a pas fait lui-même l’erreur. Mais il sera un acteur pour aider et motiver au changement

L’assistant

Il n’est pas impliqué dans la situation et indirectement impliqué dans la solution. Cela peut être un coach ou formateur appelé pour donner des outils au collaborateur. Il va donc indirectement aider à atteindre la solution.

Votre réflexion sur la situation et sur votre part de responsabilité ainsi que votre rôle va vous redonner le pouvoir d’agir et vous permettre de vous engager.

Pardonner et lâcher prise

Il est parfois nécessaire de passer par la phase du pardon.

Accepter sa part de responsabilité nous expose aux critiques et cela n’est jamais agréable. Parfois, les critiques viennent de nous-mêmes. Il faut éviter la culpabilisation et se pardonner.

La question n’est pas de savoir si nous avons tort ou raison mais de se libérer d’une charge. Pardonner l’autre, c’est lui accorder le droit à l’erreur. Cela ne veut pas dire que vous êtes d’accord avec lui. Pardonner, c’est redevenir libre.

Il s’agit de reprendre possession de ses pensées et d’éviter les jugements qui sont finalement inutiles. L’auteur nous propose une technique de David Allen. Quand il est sous tension, il reformule son ressenti de manière constructive dans une phrase qui commence par « je ». Par exemple si quelqu’un est en retard il écrit : « je suis reconnaissant d’avoir un petit peu de temps pour moi. » ou « je suis heureux de travailler avec des gens à qui je peux parler sincèrement et sans risque. »

Pratiquer l’introspection

Le dialogue avec soi-même est essentiel pour retrouver du sens et aussi des solutions aux difficultés. Dialoguer avec soi-même, c’est se poser des questions, c’est ouvrir des portes sur de nouvelles possibilités.

« Les questions sont le terreau de l’invention, de l’innovation et de la découverte. »

Voici par exemple les questions autour de notre implication dans la difficulté et donc dans la solution.

De quelle(s) manière(s) avez-vous créé, encouragé ou autorisé votre situation actuelle ?

  • Si vous l’avez créée, vous êtes la cause directe.
  • Si vous l’avez encouragée, vous incitez d’autres à la faire.
  • Si vous l’avez autorisée, c’est votre absence de réaction qui y contribue. Vous permettez au problème de se perpétuer en demeurant silencieux et en ne faisant rien pour l’en empêcher.

Diverses questions vous permettront de comprendre votre implication réelle. Là aussi, il faut être honnête avec nous-mêmes et assumer nos erreurs, ou notre absence de réaction.

Les éléments classiques qui nous incombent mais que nous ignorons souvent, car cela se passe en mode automatique ou inconscient, ce sont nos croyances et nos émotions. Celles-ci vont déclencher des comportements et réactions.

Nos croyances

Certaines croyances vont systématiquement nous freiner ou nous stimuler et influencer nos actes, pour le meilleur ou pour le pire. Nos préjugés peuvent nous empêcher d’entrer en relation avec certaines personnes ou de réagir de manière particulière, parce que c’est comme cela qu’il faut faire…

Nos émotions elles aussi déclenchent des réactions et des comportements en partie inconscients. Elles nous procurent la motivation nécessaire ou au contraire nous rendent apathiques et inactifs (voir article « A quoi servent les émotions ? »). Les émotions sont provoquées la plupart du temps par nos croyances et nos pensées.

Changer nos comportements permet de surmonter les obstacles et de changer certaines croyances.

La phase d’introspection nécessite de rassembler un maximum d’informations sur nos croyances, nos émotions et nos comportements. Cela s’apparente aux exercices de l’intelligence émotionnelle pour mieux avoir conscience de soi et de ses points fort et faiblesses (voir l’article Comment avoir conscience de soi).

C’est une phase de diagnostic. Cela permettra par la suite d’administrer le bon traitement.

Apprendre de l’expérience

Le fait d’intégrer de nouveaux comportements au service de nos intentions va nous amener à apprendre de nouvelles choses.

« La connaissance s’acquiert par l’expérience, tout le reste n’est que de l’information ». Albert Einstein

Les auteurs dénombrent 6 pièges à l’apprentissage. En effet, se remettre en question n’est jamais évident. L’Ego se protège et nous piège !

1. Je préfère garder le même fonctionnement

Certaines personnes ne veulent faire aucun effort. Ils trouvent des excuses pour ne pas changer.

2. Avec moi c’est différent

L’ego nous fait toujours croire que nous sommes différents, plus complexes… Ce qui marche pour les autres ne marche pas pour moi.

3. J’ai déjà essayé

Si nous avons échoué, même si c’est il y a plusieurs années, nous sommes bloqués à l’idée de réessayer. Nous avons été conditionnés.

4. Ce n’est pas mon idée

Là aussi, c’est un problème d’ego. Ça ne marchera pas pour moi. Dans ma culture, c’est différent. Il faut une solution plus locale. Dans mon entreprise, on pense différemment…

5. Cela me fait penser à…

Une manière de cataloguer la solution dans une boîte connue. Et souvent de minimiser l’opportunité de cela.

6. Prouvez-le-moi

Certains veulent des preuves… Et même s’ils en reçoivent, ce ne sont pas celles qu’ils veulent. Il s’agit souvent de blocages et de croyances limitantes.

« La première difficulté, pour nous les hommes et femmes, n’est pas d’apprendre, mais de désapprendre. » Gloria Steinem. Cliquez pour tweeter

Passer à l’action

A ce stade du livre, nous avons parcouru l’entièreté du cycle de la responsabilité. Il reste à passer à l’action. Le premier petit pas, la première action possible.

Seule l’action peut transformer notre vie, disent les auteurs. La responsabilité c’est d’agir en accord avec nos buts.

« Le gouvernail ne peut agir que si le bateau est déjà en mouvement. » André Maurois.

Le passage à l’action peut avoir un effet libérateur incroyable, en particulier dans des situations où nous étions jusque là bloqués, enfermés dans un statut de victime.

Passer à l'action

Il suffit parfois d’un seul petit déclic pour permettre le passage à l’acte. J’ai souvent éprouvé ce plaisir, en formation, d’avoir permis à certains participants de prendre conscience de leur responsabilité et de les voir passer à l’action avec bonheur et souvent réussite.

Le travail d’introspection fait plus haut va aider à comprendre nos croyances, nos émotions et nos comportements habituels. Il restera à désapprendre et oser de nouveaux comportements et construire de nouvelles habitudes.

Quatre stratégie pour passer à l’action ?

1. Commencez par faire de petits pas.

Fractionner les actions en petites étapes. Faire un entraînement progressif.

2. Continuez à avancer

Il est important au début de persévérer et de mettre beaucoup d’énergie. Il faut beaucoup de carburant pour faire décoller un avion.

3. Appuyez-vous sur votre réseau

Le soutien des proches et les encouragements sont essentiels au début de votre nouvel apprentissage. Cela peut conditionner votre succès.

4. Prévoyez un plan de rétablissement (plan B)

Passer à l’action, c’est très bien. Pourtant, si cela ne fonctionne pas pour diverses raisons, nous risquons de tout abandonner. Il est donc important de s’auto-évaluer, de voir ce qui marche bien et ce qui ne fonctionne pas. Il est parfois nécessaire de revoir nos intentions et de s’interroger sur notre motivation.

Le fait de se fixer un objectif et d’y mettre une alternative peut doubler ou tripler votre chance de réussite. Nous en avons déjà parlé dans un autre article. Par exemple : Lundi après mes cours, je vais aller faire du jogging au parc. Si j’ai un empêchement, je me rattrape mercredi matin.

Célébrez vos succès

Fêter ses succès est important. Il ne s’agit pas de tomber dans la glorification personnelle mais de se reconnaître et de renforcer notre estime et notre confiance en nous.

Reconnaître chaque pas sur le chemin va nourrir notre attitude intérieure et faciliter le renforcement des nouveaux acquis.

La lecture de ce livre nous montre donc que devenir responsable est souvent beaucoup plus simple et moins énergivore que de tomber dans le cycle de la victimisation. Celui-ci risque de vous isoler des autres alors que la responsabilisation vous apporte la confiance et la reconnaissance.

Cela demande du courage et de la persévérance mais une fois l’attitude intérieure adoptée, cela devient une manière de vivre.

Nous vous invitons à lire ce livre qui se lit très vite et de faire les exercices de réflexions qui sont proposés.

Passer à l'action pour devenir responsable

Passez à l’action !

Les questions du coach :

  • Quelles sont les situations où vous tombez facilement dans le cycle de la victimisation ?
  • Comment faites-vous pour vous aider à ne pas tomber dans le cycle de victimisation ?
  • Quelles petites actions pourriez-vous mettre en œuvre ?

Merci de laisser vos commentaires et vos expériences ci-dessous.


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Bernard Guévorts

Apporteur de confiance et éveilleur de leadership. Formateur international en relations interpersonnelles, leadership, développement personnel, prise de parole, formation de formateurs et relation clients. Je suis belge et je vis actuellement au Cameroun la plupart du temps.

12 commentaires

lauramooncraft · 29 octobre 2019 à 10 h 05 min

Bonjour Bernard,

Merci pour cet article. Ca fait du bien de s’entendre dire qu’on est responsable de sa vie, et de ses succès comme de ses échecs… Même si c’est pas toujours facile.
J’ai pris conscience de ça en lisant le livre “L’effet cumulé”, de Darren Hardy. Il nous fait remarquer (à juste titre) qu’il est assez déprimant et décourageant de considérer qu’on n’est pas responsable de sa propre vie, et qu’on ne peux rien y changer. Il nous encourage à prendre à 100% la responsabilité de ce qui nous arrive (en bien comme en mal), et de nous en réjouir. Soit on réussit, soit on apprend de ses erreurs ! C’est pas si terrible ! Et puis surtout, il nous appartient de mettre en place des actions pour changer le cours des choses.

    Bernard Guévorts · 29 octobre 2019 à 10 h 10 min

    Merci Laura pour ton témoignage et aussi pour cette autre référence que tu donne.
    La responsabilité n’est pas toujours facile à envisager quand on est dans les émotions, mais quelle libération quand on y arrive.
    bonne continuation !

Emmanuel Jublin · 29 octobre 2019 à 10 h 54 min

Article très complet
Devenir responsable de nos vies c’est activer un cercle vertueux et prendre en main les bons leviers
À bientôt Bernard
Emmanuel

julie · 31 octobre 2019 à 7 h 24 min

Merci Bernard pour cet article qui me touche personellement et pour ta participation à mon carnaval d’article. Nous pouvons pratiquement toujours utiliser nos expériences bonnes ou mauvaises pour en faire quelque chose. C’est très dur de se sortir de ce rôle de victime, surtout que la société, nos proches, par bienveillance, nous mettent aussi dans ce rôle pour tenter de nous consoler et de penser nos blessures. Mais on ne peut réellement passer à autre chose qu’une fois sorti de ce rôle de victime en se disant: “Ok, j’ai vécu cela mais maintenant, j’en fais quoi?”

    Bernard Guévorts · 31 octobre 2019 à 7 h 33 min

    Merci pour ton témoignage Julie.
    C’est vrai que le rôle de victime est encouragé par la société dans laquelle on vit. C’est une société de victimes… La responsabilité est toujours chez les autres…les parents, les enfants, le gouvernement, l’entreprise, le chef…
    Rares sont ceux qui prennent leur vie en main. cela demande du courage, en tout premier lieux et ensuite de la volonté et de la discipline.
    Ton carnaval d’article m’a permit d’aller en profondeur sur le thème. Au départ je pensais traiter du modèle. Cet article m’a permis d’être plus complet.
    Bien à toi

pierrefavrebocquet · 31 octobre 2019 à 9 h 55 min

Un article instructif et limpide!
Assumer, c’est un trait commun à ceux qui ont des responsabilités et qui réussissent. Assumer parait parfois effrayant mais c’est encore ce qu’il y a de plus simple pour continuer à avancer.
Tu m’as fait plaisir en parlant d’Ego; j’aime dire que “l’égo est à sa parfaite place quand il est dans sa poche”, bon nombre de personne se sentent atteint dans leur intégrité quand je le dis. Mais comme je le pense…je le dis.
Déclencher une prise de conscience, c’est il me semble la quête de tout formateur. C’est parfois difficile mais c’est l’étape nécessaire pour rendre la personne autonome dans son processus d’apprentissage.

    Bernard Guévorts · 31 octobre 2019 à 10 h 09 min

    Merci Pierre Favre,
    Eh oui l’ego nous crée bien des problèmes souvent inconscients à tous (aussi du bien quand il faut !).
    Comme formateur après de longues années d’expérience, je me rend compte que faire prendre conscience est essentiel dès le début de la formation. Sans cela il n’y a aucun apprentissage.
    j’utilise diverses méthodologies pour cela. Souvent des mises en situation, des exercices,… et quand les participants découvrent les failles,ils adhèrent.
    Ensuite on peut travailler sur des nouvelles habitudes ou techniques.
    Toujours passionnant !

Florence · 31 octobre 2019 à 10 h 53 min

Bonjour ! Je suis ravie d’avoir lu ton article. C’est la base pour évoluer, se comprendre et comprendre l’autre. Il est important dans l’accompagnement de mes coachings d’avoir de la compassion et comprendre le fonctionnement de mes clients. Au plaisir de te lire

    Bernard Guévorts · 31 octobre 2019 à 11 h 08 min

    Merci Florence pour le partage de ton expérience.
    Entre temps, j’ai découvert aussi ton blog.
    Je réfléchi pour la participation à ton carnaval d’articles sur les 3 déclics…
    A bientôt

Cedric le Parieur Futé · 1 novembre 2019 à 11 h 38 min

Bonjour Bernard,

Tout d’abord merci pour cet article. Complet et ultra intéressant, il donne véritablement l’envie de passer à l’action. Je ne peux m’empêcher de penser au livre “S’organiser pour réussir” de David Allen, car j’ai l’impression qu’un grand nombre de tâches ouvertes le restent notamment parce qu’on rentre dans ce processus de victimisation plutôt que de responsabilisation. A la lecture de cet article, je me dis que j’ai envie d’être plus à l’écoute de mes réactions face à certaines situations, afin de changer ma manière d’aborder une tâche ou un problème.

Donc un grand merci à toi pour cet article

    Bernard Guévorts · 1 novembre 2019 à 11 h 50 min

    Merci Cédric pour ce commentaire et surtout pour ton envie de passer à l’action !
    Il est vrai comme tu le dis que une fois la décision prise il faut alors être capable de bien s’organiser pour vraiment agir et être efficace.
    Stephen Covey parle aussi beaucoup de cela et dans ses 7 habitudes, l’organisation prend une place très importante.
    A bientôt donc et bon dialogue avec toi-même !

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